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Réaliser un long-métrage dans des « conditions légères » : à quel prix ?

Voici la réaction de Hors Champ, envoyée dans un courrier à Jeanne Brunfaut et Alda Greoli, à un projet pilote de long-métrage dans des « conditions légères » lancé par Alda Greoli.


Bruxelles, le 10 juillet 2017

Chère Jeanne Brunfaut,
Directrice adjointe du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles,

Chère Alda Greoli,
Ministre de la Culture et Vice-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Nous avons pris connaissance de votre appel à projets pilote 2017 : réaliser un film de long métrage dans des conditions légères, et, en le lisant, nous nous interrogeons sur la nature exacte de votre plan « cinéma light ».

Comment envisagez vous les choses concrètement pour qu’il s’agisse bel et bien d’un soutien efficace à la création ?  Nous nous étonnons de ne voir aucune allusion aux conséquences matérielles qui résulteront forcément d’un tel budget.

Plus précisément, qu’entendez vous par « conditions légères » ? Légères pour qui ? De notre point de vue de techniciens, réalisateurs et scénaristes, les salaires découlant d’un tel budget nous mettraient en effet en sous-vêtements ! Qu’entendez-vous par « en dehors des contraintes de production classiques » ?

C’est un peu comme si vous donniez 350€ à un réalisateur pour s’acheter une voiture. Comment pourrait-il en payer les frais, l’entretien, l’essence, etc., autrement qu’en demandant de l’aide bénévole à son garagiste ?

Vous savez pourtant combien de jours de travail sont nécessaires pour concevoir un film de plus de 60 minutes.

Vous savez combien de professionnels sont nécessaires à la fabrication d’un film.

Vous savez combien d’heures prestent tous ces travailleurs ; avec des horaires variables et parfois même pénibles (travail de nuit, heures supplémentaires, etc.).

Vous savez que nous sommes pour la plupart des artistes et techniciens issus des différentes écoles de cinéma belges et et que nous disposons d’un diplôme d’État.

Et vous savez aussi qu’en cas de budget insuffisant pour un film, la variable d’ajustement est le salaire de tous les professionnels que nous sommes.

Vous nous avez déjà entendus sur le sujet et savez que les professionnels réclament par exemple une amélioration des budgets des nouvelles saisons ou séries RTBF, et vous proposez d’aller dans la direction inverse !

Nous nous insurgeons donc face à ce que nous vivons comme une démonstration d’hypocrisie. Que ce soit dit clairement que le Centre du cinéma souhaite soutenir des films sur lesquels les conditions de travail seront sacrifiées, c’est à dire salaires beaucoup plus bas, temps presté plus long… et que c’est donc sur notre bonne volonté qu’on compte.

Ou alors qu’on nous dise où et comment les économies seront faites.

Comment pensez-vous, dans ces conditions, qu’un producteur indépendant puisse respecter la législation sociale applicable pour l’engagement du personnel ?  Vous réclamez légitimement le professionnalisme des équipes alors que ce projet pilote mènera inévitablement à des conditions de travail d’amateurs.

En outre nous nous demandons si ces 100.000€ maximum constituent le financement maximal autorisé pour ces projets, ou si vous attendez des producteurs indépendants qu’ils cherchent des compléments de financement afin de satisfaire la faisabilité technique et financière du projet.

Enfin, comment la procédure d’agrément appréciera-t-elle la faisabilité du projet ? Cette aide provient-elle de budgets supplémentaires ou s’agit-il d’une somme prélevée sur l’enveloppe de la Commission de Sélection du Film ?

Par le passé (de 2007 à 2010), la production de films dits à micro budget a déjà été expérimentée. Qu’en est-il ressorti ? Un bilan en a-t-il été fait ? Pour nous, cela a surtout participé à niveler par le bas nos conditions de travail déjà précaires. Ayant pour effet désastreux d’installer la fausse idée qu’avec la créativité, l’inventivité et le dévouement de toute une équipe, on peut faire bien, que ça marche ! Et donc, encourager comme pour La Trêve et Ennemi public, qu’on recommence dans les mêmes conditions insoutenables financièrement. Cela ne peut amener qu’à une perte de professionnalisme dans le secteur.

Nous aimerions mieux comprendre ce que vous proposez, mais surtout qu’on nous dise en quoi cela favorise une politique ambitieuse et durable de soutien aux artistes du pays, et au secteur dont ils dépendent.

Bien à vous, Hors Champ

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Ne serait-il pas temps qu’on se bouge ?…

Manifestation du secteur non marchand – 21 mars 2017DSC00296

Plus de 15.000 personnes ce matin pour manifester dans les rues de Bruxelles ! Et seulement quelques valeureux travailleurs du secteur culturel…

Pourtant, les conditions de travail et la sécurité sociale, c’est l’affaire de tous.

OUI à des salaires décents
(STOP au RPI, à l’intérim  et aux intermédiaires de facturation)

OUI à une réglementation chômage adaptée au travail des intermittents
(STOP à la distinction artistes/techniciens et à la notion d’ « emploi convenable » de l’ONEm)

OUI à un meilleur financement de la Culture
(STOP aux coupes budgétaires)

Soutien à Keywan Karimi cinéaste iranien emprisonné pour un film

Nous relayons l’appel au soutien à Keywan Karimi, en reprenant le texte de Delphine Noels publié sur le groupe Facebook de soutien.
Cliquez, partagez : https://www.facebook.com/groups/1614703335493153/

Aujourd’hui 23 novembre 2016, Keywan Karimi, cinéaste iranien, entre en prison pour y purger une peine d’un an et 223 coups de fouet. Son crime? La réalisation d’un film: Writing on the City, un documentaire sur les graffiti de Téhéran.

Pour rappel, l’année passée en 2015, suite à la réalisation de ce film, il avait été condamné à 6 ans de prison et 223 coups de fouets. Sa condamnation a été ramenée à un an ferme, 223 coups de fouet et cinq ans avec sursis par la cour d’appel. Keywan Karimi est convaincu que la révision de peine n’aurait pas eu lieu sans le soutien international dont il a bénéficié à l’époque (soutien des professionnels du cinéma, et d’Amnesty international). Les autorités iraniennes sont sensibles à la pression internationale.

A l’heure de son entrée en prison, Keywan Karimi lance un nouvel appel à la communauté internationale pour demander sa libération. Plus nous ferons pression sur les autorités iraniennes, plus celle-ci deviendra possible.

Comment aider Keywan?

• En signant et partageant l’appel à la libération de Keywan qui va bientôt être mis en ligne.

• Si vous êtes journaliste ou que vous travaillez dans les médias, faire connaître la situation de Keywan est d’une aide précieuse. Si vous n’êtes pas journaliste, mais que vous en connaissez, prendre le temps de sensibliser à cette cause. (toutes les infos sur l’affaire Keywan Karimi sont disponibles sur demande)

• En réalisant une petite “lettre video” à envoyer à Keywan Karimi. L’idée de ce projet est née parmi les proches de Keywan à Téhéran. Ce qu’ils souhaiteraient obtenir, c’est 223 lettres videos qui émaneraient du monde entier en protestation à sa peine de prison. La réalisation de ces petites lettres videographiques peut être de facture extrêmement simple: Un plan séquence, une voix off suffisent. C’est le geste qui compte. Keywan essayera de répondre à ces lettres depuis la prison.

• En faisant en sorte que les festivals de cinéma se fassent le relais de ce mouvement de soutien. Il faut savoir qu’avant d’entrer en prison, Keywan s’est battu pour terminer la réalisation de son premier long métrage de fiction, Drum. Le film a été sélectionné au festival de Venise cette année.

Toutes les autres idées sont les bienvenues. Si vous souhaitez contribuer à soutenir Keywan Karimi à votre façon, n’hésitez pas à vous signaler.

Rejoignez le groupe Facebook de soutien:
https://www.facebook.com/groups/1614703335493153/?fref=ts

Nuit de la résistance @ Beursschouwburg – 28/09

Hors Champ sera présent à la Nuit de la résistance,
ce soir au Beursschouwburg.

HbH_NachtVanVerzet2016_B_007frCoupes dans le budget de la culture, travail social géré comme un business, histoires glaçantes dans le monde de la santé, baisse drastique des investissements dans l’enseignement… En voudriez-vous encore un petit peu ?

Les mouvements citoyens Tout Autre chose et Hart Boven Hard s’unissent au secteur artistique pour vous inviter à un évènement culturel haut en couleur : la Nuit de la Résistance ! Et pour ceux/celles qui veulent loger jusqu’au lendemain, jour de la manifestation syndicale, des centres culturels ouvrent ensemble un « Hôtel Bruxelles ». Soyez les bienvenu-e-s le 28 septembre dans et autour du théâtre Beursschouwburg!

Grande première

La soirée sera retransmise en direct sur notre chaine You Tube (Tout autre chose)

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Où et quand ?

Mercredi 28 septembre (20h jusque 3h), et jeudi 29 septembre 10h00

Au théâtre Beursschouwburg , Rue A. Ortsstraat 20-28, 1000 Bruxelles

Un casse-croûte est prévu.

PLUS D’INFORMATIONS : Nuit de la résistance

Bilan 2015 du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel (résumé)

(Ceci est un résumé d’un article réservé à nos membres. Pour lire l’article complet, devenez membre ! Si vous l’êtes déjà, mais n’avez pas encore activé votre profil, écrivez-nous un petit mail)

Ce jeudi 21 avril, le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel présentait son bilan 2015. Hors Champ y était présent, pour s’informer sur l’état des lieux du secteur, et faire entendre la voix de ses membres.

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Alda Greoli, la nouvelle Ministre de la Culture, a introduit la séance, en insistant sur le chantier de la diffusion : amener le public à voir plus de cinéma belge francophone. Et elle a confirmé qu’elle poursuivrait le processus « Bouger les lignes » entamé par Joëlle Milquet.

Le CCA a présenté son bilan (plus de détails et de chiffres ici ) : répartition des subventions, fréquentation des salles,  succès public du « Tout nouveau testament » et de « La trêve » (entre autres), etc.

Le CCA a aussi abordé la réforme du Décret Cinéma (qui régit par exemple le fonctionnement de la Commission de Sélection du Film -CSF).

Lors des questions – réponses, Hors Champ a abordé la question de la juste rémunération des équipes : « Lors de l’attribution des aides à la production (CSF), et lors de l’agrément du budget, la CSF et le CCA se posent-ils la question du respect de la rémunération des équipes techniques et des auteurs ?  »

Les réponses du CCA et de la CSF ont été en substance [……….]

St’Art Job 2016

Hors Champ sera présent à la journée ST’ART Job, organisée conjointement par la commune de St-Gilles, Actiris et le Guichet des Arts, dans le cadre du « Trajet Emploi 2016« .
Ça se passe le vendredi 22 avril prochain, de 9:00 à 17:00, dans les locaux de SMart (on est pas fan, mais bon – entrée par le 82 de la rue Coenraets, 1060 Saint-Gilles)
Notre slogan pour la journée : « Nous on est pour les contrats directs » !
Recto-bleu Verso-bleu
Si vous êtes dans le coin, ce peut être une occasion pour se rencontrer et faire un brin de papote à ce sujet, ainsi que sur notre secteur, nos métiers, nos conditions et l’organisation de notre travail…

Pétition : La culture, et ses politiques, sont des choses sérieuses

Nous partageons ici un appel à pétition adressée au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour continuer les processus Bouger les lignes (Arts et Culture) et le Pacte d’excellence (Enseignement).

https://www.change.org/p/le-gouvernement-de-la-fédération-wallonie-bruxelles-la-culture-et-ses-politiques-sont-des-choses-sérieuses

« La culture, et ses politiques, sont des choses sérieuses »

L’importance de la Culture pour le fonctionnement démocratique et le développement personnel comme collectif est non seulement désormais reconnue par les études scientifiques mais aussi ressentie par tous, après les événements dramatiques auxquels notre pays vient d’être confronté. […]
Dès le début 2015, deux processus parallèles et connectés ont été conçus et initiés visant à refonder en profondeur les principales politiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles : Bouger les lignes (Arts et Culture) et le Pacte d’excellence (Enseignement). […]
Nous demandons donc aux Présidents du cdH, M. Lutgen et du PS, M. Di Rupo, ainsi qu’au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, d’agir rapidement pour relancer les projets et processus initiés durant les deux années écoulées.

Premiers signataires :

Inès Rabadán
Jaco Van Dormael
Paola Stévenne
Thomas Gunzig
Serge Rangoni
Michel Kacenelenbogen Lire la suite

Hors Champ à la Grande Parade 2016

La Grande Parade de Tout autre chose / Hart boven Hard a rassemblé entre 25000 et 30000 personnes qui ont défilé dans les rues de Bruxelles pour prôner des alternatives aux mesures d’austérité en Belgique et en Europe. Hors Champ y était !

Hors Champ aux Magritte 2016

Le Focus-Vif a consacré un article à notre action de l’année: ne pas se mobiliser mais contacter les nominés pour leur demander de penser à nos jeunes collègues. Le message est clairement passé, nombreuses sont les personnes qui ont pris la parole en faveur d’un statut de travailleurs des arts digne de ce nom. Merci à vous tous.

http://focus.levif.be/culture/cinema/magritte-2016-hors-champ-ne-s-y-mobilisera-pas-cette-annee/article-normal-458853.html

Lettre aux nommés des Magritte 2016

Bonsoir, Hors Champ sera présent demain aux Machins pour y distribuer le tract en image dans cette publication et a envoyé ce petit texte aux nommés des Magritte. Nous vous laissons en prendre connaissance:

Bonsoir,

Hors Champ, association représentative des métiers du cinéma, voudrait avant tout vous féliciter pour votre nomination aux Magritte.
Lorsque vous descendrez les marches le soir de la cérémonie, vous serez peut-être surpris de constater que, cette année, les abords ne sont pas occupés par quelques têtes familières emmitouflées et armées de pancartes revendiquant un statut décent pour les artistes et techniciens de spectacle.
Si nous ne serons pas présents ce soir-là, ce n’est pas parce que nous avons baissé les bras, mais parce que cette année, il ne nous a pas paru pertinent de manifester notre existence de cette façon.
Depuis un an, Hors Champ s’est constituée en A.S.B.L. Nous oeuvrons dans Bouger Les Lignes, projet mis en place par Mme la Ministre Milquet et visant à moderniser le secteur culturel en communauté française. Nous intervenons dans les écoles et dans les syndicats. De nombreux auteurs et techniciens nous ont rejoint et nous travaillons ensemble à tisser des liens entre nos différentes professions.
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